Eh oui, la psychologie est une importante discipline qui ne se limite pas aux thérapies de canapé que l'on connaît tous. C'est une discipline universitaire qui consiste à l'étude scientifique des comportements humains. Cette étude s'effectue par le biais de l'observation, de mise à l'épreuve, et de passation de test qui sont aussi nombreuses que variées. Dans ce dossier, nous vous présenterons différents domaines, les plus importants, qui constituent la psychologie.
Au commencement fut...
La psychologie (du grec psyché : âme, souffle ; et logos : discours, science) prend ses racines dans trois courants fondamentaux :
- Le courant médical,
- Le courant philosophique,
- Le courant biologique.
L'histoire fut longue avant d'arriver à sa conception actuelle. En effet, la médecine et la philosophie furent les premières disciplines à se disputer la notion de l'âme. La philosophie étant plus dirigée sur la conception d'une entité psychique appelée "esprit", alors que la médecine étant plus ouverte sur une notion corporelle et donc localisée de l'âme.
René DESCARTES (1596 - 1650), célèbre médecin et philosophe, parvient à une réunification des deux concepts, à savoir que l'âme et le corps sont deux entités distinctes qui se lient au niveau de la glande pinéale à un moment donné du développement de l'être.
De la biologie naît la psychologie dite expérimentale. Cette forme de la discipline va se donner comme but l'étude de l'homme dans son environnement. Elle voit le jour avec Wilhelm WUNDT (1832 - 1920) qui créa le premier laboratoire de psychologie en Allemagne en 1879. Ces travaux se sont concentrés sur la perception, la sensation et sur l'attention. Ainsi W.WUNDT ne se concentre que sur l'individu en interaction avec son environnement.
De là se distinguent deux branches de la psychologie :
La psychologie clinique : avec pour origine la médecine et la philosophie
La psychologie expérimentale : avec pour origine la biologie et notamment la physiologie.
L'émergence de la psychologie clinique
Hippocrate (IV - Ve siècle av. J.-C.) parlait déjà de "clinikos" pour décrire le rapport entre le médecin et le patient. Ce terme apparaît pour la première fois accolée à la psychologie au XIXe siècle. On peut trouver des similitudes entre la psychothérapie et certaines pratiques des médecins dans l'antiquité grecque. Ils avaient pour habitudes d'entraîner leurs patients dans les temples d'Asclépsios, Dieu de la médecine, pour les soigner. Ces thérapies font référence aux techniques des rois thaumaturges qui avaient pour réputation le don de soigner les maladies de la peau rien qu'en touchant les personnes. Ces différentes méthodes impliquent la foi du patient dans le don de son guérisseur, en effet celui-ci tellement persuadé de l'efficacité de ce traitement qu'il guérissait.
Bien que ces procédés soient toujours en vigueur via les effets placebiques, ils ont subi une complexification et une évolution certaine qui nous permet plus ou moins de les expliquer au travers des notions de la psychologie clinique.
La clinique psychologique
La psychologie clinique est une discipline complexe qui consiste à traiter la souffrance d'un patient au travers d'une identification précise de cette souffrance.
Daniel LAGACHE (1903 - 1972) précise que le but de la psychologie clinique est de conseiller, de guérir, ou d'éduquer. Fondée exclusivement sur l'étude des cas, sur l'individu. Jean-Louis PEDINIELLI (1994; p.20) conclut que la psychologie clinique peut être définie comme la sous-discipline de la psychologie qui a pour but l'étude, l'évaluation, le diagnostic, l'aide et le traitement de la souffrance psychique, quelle que soit son origine (maladie mentale, dysfonctionnement, traumatismes, évènement de vie, malaise intérieur...).
Le psychologue clinicien constitue ainsi une véritable investigation qui s'appuie notamment sur la passation et l'analyse minutieuse de nombreux tests, d'échelles, mais aussi de nombreux entretiens avec le patient, voire même avec son entourage. L'observation fait bien entendu partie intégrante de l'investigation du psychologue clinicien.
Les tests utilisés peuvent être de différents types. Ainsi, on parle de tests projectifs, de tests d'évaluations, de tests statistiques, de tests d'apprentissages, etc.
La psychopathologie
Terme employé pour la première fois par EBBINGHAUS en 1978. La psychopathologie consiste à donner une explication ou une interprétation à des faits pathologiques. Les conceptions théoriques de cette discipline sont tellement variées qu'elle en devient compliquée. Heureusement Serban IONESCU, psychiatre et psychologue, a eu la magnifique idée d'écrire un livre pour essayer de débroussailler toutes ces conceptions qui font la psychopathologie reconnue. En effet, il y travaille 14 approches différentes de cette discipline. Et son travail est réussi, je ne peux donc que de vous conseiller de lire son livre dont vous trouverez les références à la fin de ce dossier.
La psychanalyse
Créé par Sigmund FREUD (1856 - 1939), ce neurologue autrichien commença à travailler sur les pathologies hystériques avec ses maîtres : Joseph BREUER (1842 - 1925), Jean Martin CHARCOT (1825 - 1893)... Dans toute sa littérature, il n'utilisa qu'une seule fois le terme de psychologie clinique auquel il préféra le terme de psycho-analyse qu'il remplaça rapidement par psychanalyse. Ainsi, il créa un procédé d'investigation sur les processus mentaux qu'il qualifia d'inaccessible autrement. Les rapports entre la psychanalyse et la psychologie clinique sont extrêmement étroits, et, pour cause, la psychanalyse a longtemps servi de modèle à la psychologie clinique. En effet, la psychanalyse offre un intérêt en tant que méthode, thérapeutique et doctrine (IONESCU S., 1994, p. 26) pourtant, il est important de les différencier, car elles restent fondamentalement deux disciplines distinctes. Daniel LAGACHE (1903 - 1972) soulignait le danger de confondre les deux disciplines. Pour cela, il parlait de la psychanalyse comme étant une ultra-clinique, car on peut remarquer que la psychanalyse a prie ses appartements au sein même de la psychologie clinique.
À propos de la psychologie développementale
Appelé aussi psychologie génétique, elle consiste à l'étude de l'homme dans une optique dynamique, elle est orientée vers l'adulte et incorpore le vieillissement. En fait, elle a pour objet d'étude des secteurs du développement, ainsi Jean PIAGET (1896 - 1980) à étudié l'élaboration de la logique chez l'enfant, Henri WALLON (1812 - 1904), la genèse des émotions, Lawrence KOHLBERG (1927 - 1987) le développement du raisonnement moral et Sigmund FREUD (1856 - 1939) le développement psycho-sexuel... La psychologie du développement vise à expliquer l'homme par l'enfant en analysant le développement et la formation de ses fonctions psychiques et cognitives.
Autant dire que la psychologie développementale offre une possibilité d'étude des comportements et des attitudes humaines fortes, intéressantes et extrêmement diversifiées. En effet les différentes théories de stade du développement humain restent complexes et, car il reste difficile de bloquer la croissance de l'être humain dans différents états de développement qui restent malgré tout inégaux pour chacun de nous.
D'une psychologie individuelle à une psychologie sociale
Cette branche de la psychologie a pour objet l'étude des groupes et des comportements et attitudes de l'homme en société. Son domaine est donc excessivement étendu... Cela va de la psychologie du travail à l'étude de la notion d'une norme en passant par celle de la dynamique des groupes. Tous les phénomènes sociaux sont pris en compte : les sectes, le terrorisme, la religion, le racisme... mais aussi les facultés d'adaptation sociale, les phénomènes d'influences et de facilitations sociales, la recherche de motivation, le jugement et la faculté de construction du monde social qui nous entoure avec l'étude des catégorisations et des stéréotypes...
La psychologie sociale a pris énormément d'ampleur depuis ces dernières années et, de plus, elle s'est nettement détachée de sa consœur, la sociologie. Son rôle dans une explication psycho-sociologique de l'individu est devenu prédominent et surtout très intéressant, la recherche et la mise en place des lois qui régissent l'homme individuel en groupe sociétaire reste intrigante et passionnante.
Sur la psychologie expérimentale
Créée par les physiciens et les physiologistes, la psychologie expérimentale se donne comme but l'étude de l'homme dans son environnement. On pourrait facilement parler ici de "psychologie générale", tant elle est présente dans les trois domaines que l'on vient de voir. Pourtant, elle s'est développée elle aussi indépendamment et est entrée dans un autre domaine dont elle s'est emparée : La Cognition. Du coup, on parlera de psychologie cognitive, mais ainsi, elle s'inscrit dans un domaine beaucoup plus important : les Sciences cognitives qui appartiennent à un autre domaine encore plus large : les Neurosciences.
La psychologie cognitive
Ou l'étude du raisonnement. On y intègre l'étude sur les mémoires, l'attention, la réflexion... et dernièrement les émotions. La psychologie cognitive est elle-même subdivisée en plusieurs disciplines, couvrant ainsi différents champs de recherche. On va donc de l'intelligence artificielle avec la constitution des réseaux de neurones s'efforçant de simulés artificiellement des processus censés reproduire des modèles théoriques sur certaines compétences cognitives ; à la neuropsychologie, expliquant des caractéristiques cognitives en les associant à certaines aires cérébrales. Sans oublier que tout ceci doit tenir compte de l'étude de l'homme interférant sans cesse avec son environnement.
La psychologie cognitive est par conséquent une psychologie de laboratoire avec tout ce que cela représente, c'est-à-dire mettre l'homme dans une position environnementale donnée, et cela de manière artificielle, pour pouvoir étudier le processus d'une caractéristique cognitive donnée, et cela de manière naturelle. Pour cela des expériences sont constituées de toutes pièces et les moyens d'extraire les mesures nécessaires à l'étude du processus voulu sont divers et variés. On va du simple test (qui, des fois, n'est pas si simple que ça) aux mesures de mouvement, jusqu'à utiliser l'imagerie médicale.
Bien sûr, il existe en plus un protocole au combien fastidieux, mais au combien nécessaire pour pouvoir réaliser une expérience et cela dans le but d'avoir des données fiables et, si possible réalistes ! Car n'oublions pas que le but est de démontrer un ou des processus cognitifs naturels dans un environnement artificiel, mais qui, dans la vie, est naturel.
Panorama des sciences psychologiques
Ici se concrétise le panorama de la psychologie avec ses principales variantes. Bien sûr l'arbre ci-dessus est loin d'être complet et exact, mais donne un ordre d'idée de ce qu'il en est. Bien empreint dans les courants médicaux, philosophiques et psychologiques expérimentaux (entendait là : physiologique), notre arbre se dresse de son tronc commun de psychologie donnant lieu à ses ramifications. Ainsi, la psychologie clinique se divise de la psychologie expérimentale pour quand même garder une psychologie clinique cognitive. La psychologie expérimentale donne naissance à la psychologie sociale avec la sociologie, à la psychologie développementale et à la psychologie cognitive avec la médecine. Toutes ses disciplines vont s'entres croisées, se regroupées, se séparées pour créer de nouvelles disciplines, comme la psychologie génétique et la neuropsychologie pour donnée la neuropsychologie développementale ; la psychologie sociale et la psychologie clinique avec la dynamique des groupes ; etc., etc....
On remarque toutefois une grosse branche partant seule de la psychologie clinique et donnant naissance elle aussi à quatre autres disciplines : la psychanalyse.
BIBLIOGRAPHIE
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